Room Story · 005
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La lumière,
les étagères
& un Garrard de 1960

The Light,
the Shelves
& a 1960s Garrard

Helsinki  ·  Septembre 2026  ·  5 min de lecture  ·  Salon d'écoute  ·  Système vintageHelsinki  ·  September 2026  ·  5 min read  ·  Listening Room  ·  Vintage System
PlatineTurntable Garrard 401 (années 1960)(1960s)
EnceintesSpeakers Yamaha (bibliothèque)(bookshelf)
Lecture numériqueDigital Playback Sony
VueView La baie, la caserne EngelThe bay, the Engel barracks
LieuLocation Helsinki, FinlandeFinland

À Helsinki, au dernier étage d'un immeuble qui regarde une baie et une caserne dessinée par Carl Ludvig Engel, une pièce a fini par devenir ce qu'elle n'avait jamais eu l'intention d'être. Ni bureau, ni salon d'apparat. Un lieu où des milliers de disques ont fini par imposer leur loi, doucement, sans qu'on le leur demande vraiment.

In Helsinki, on the top floor of a building that looks out over a bay and a barracks designed by Carl Ludvig Engel, a room ended up becoming something it was never quite meant to be. Not a study, not a formal living room. A place where thousands of records eventually made their own quiet law, without ever really being asked to.

Fauteuil et coussins entre deux enceintes Yamaha, devant la fenêtre, tour d'antenne au loin
Le fauteuil, entre les deux Yamaha, face à la fenêtre et à la tour d'antenneThe armchair, between the two Yamahas, facing the window and the antenna tower
Une pièce ordinaire, rattrapée par les disquesAn Ordinary Room, Overtaken by Records

Rien n'a été pensé au départ. C'était, dit-il, une pièce de vie plus classique, et d'autres disques dorment encore dans sa chambre, sur d'autres chaînes. Dans l'appartement précédent, il avait eu une pièce dédiée aux disques. Ici, l'espace manquait, et il avait visé quelque chose de plus conventionnel. Mais les étagères et les vinyles sont entrés les premiers dans le nouvel appartement, avant tout le reste, alors la priorité était sans doute déjà écrite depuis le début. La pièce n'est devenue un vrai lieu d'écoute qu'après coup, une fois réunie une collection de chaînes assez variée pour rendre l'écoute plus riche, plus mouvante.

Nothing was planned at the outset. It was, he says, a more standard drawing room, and other records still sleep in his bedroom, on other stereos. In the previous apartment he'd had a room set aside for records. Here, space was tighter, and he aimed for something more conventional. But the shelves and the vinyl went in first, before anything else, so the priority was probably obvious from the start. The room only became a real listening space afterward, once he'd assembled a set of stereos varied enough to make the listening itself feel more meaningful.

Étagères de disques du sol au plafond, tapis kilim superposés au sol
Du sol au plafond. Les kilims superposés, les caisses de disques posées à même le tissageFloor to ceiling. Layered kilims, record crates set straight onto the weave
Le premier disque, retrouvé dans une pellicule de souvenirsThe First Record, Found in a Roll of Memory

Il ne se souvenait plus, honnêtement, et a dû aller vérifier dans ses photos de 2017, l'année de son emménagement. C'est là qu'il a retrouvé les traces d'un tout début : une copie originale, pressage stéréo anglais, de The Kinks Are the Village Green Preservation Society, et Windows de Jack Wilkins, achetés à l'époque. Et un maxi 45 tours de soul moderne, signé Universal Love, Moon Ride / It's You Girl.

He honestly couldn't remember, and had to go check his photo feed from 2017, the year he moved in. That's where he found traces of the very beginning: an original UK stereo pressing of The Kinks Are the Village Green Preservation Society, and Jack Wilkins's Windows, records he'd picked up around then. And a modern soul 12", Universal Love's Moon Ride / It's You Girl.

Les tout premiers disques de la pièceThe room's earliest records
The Kinks Are the Village Green Preservation Society (pressage UK stéréo)(UK stereo pressing)
Jack Wilkins — Windows  ·  Universal Love — Moon Ride / It's You Girl
Seul, sauf quand ça ne l'est pasSolitary, Except When It Isn't

Ce n'est solitaire que lorsqu'il n'a pas d'invités. La musique, dit-il, peut être un plaisir qu'on garde pour soi, mais il la préfère partagée. Et il y a quelque chose de plus drôle encore à se pencher sur une hi-fi ancienne et peu fiable, avec des gens capables d'en apprécier la beauté autant que l'absurdité.

It's only solitary when he doesn't have friends over. Music, he says, can be a solitary pleasure, but he tends to think it's better shared. And geeking over unreliable, historical hi-fi is more fun still with people who can appreciate the beauty and the absurdity of it in equal measure.

Mur de cartes anciennes et gravures encadrées, lampe rouge articulée, platine et ampli en dessous
Cartes et gravures anciennes, la lampe rouge, la platine et l'ampli en dessousAntique maps and prints, the red lamp, the turntable and amp stacked below
La fenêtre d'angleThe Corner Window

Ce qu'il préfère dans la pièce n'est pas un objet, mais une ouverture. La grande fenêtre d'angle, qui donne sur une baie et sur l'ancienne caserne de la Marine, assez grandiose, dessinée par l'architecte Carl Ludvig Engel et abritant aujourd'hui le ministère finlandais des Affaires étrangères. Il habite au dernier étage, la vue est superbe, la lumière du jour, entière. Sans oublier la terrasse l'été, qui se remplit de neige l'hiver.

What he loves most about the room isn't an object, but an opening. The large corner window, looking over a bay and the old, rather grandiose Marine Barracks by architect Carl Ludvig Engel, now housing the Finnish Ministry of Foreign Affairs. He lives on the top floor, so the view is lovely, and he gets a full day of sun. Along with the terrace in summer, which fills up with snow come winter.

Coin de la pièce avec platine, enceinte Yamaha, chouette en céramique, tapis kilim rouge
L'angle. La chouette veille sur la platine, les kilims rouges au solThe corner. The owl keeps watch over the turntable, the red kilims underfoot
Ce qui serait le plus dur à laisser partirWhat Would Be Hardest to Let Go

Il ne croit pas qu'il faille trop s'attacher aux objets. Et pourtant, s'il devait n'en garder qu'un seul, il avoue que ce serait son Garrard 401 des années 1960 qui lui manquerait le plus.

He doesn't think we should get too attached to objects. And yet, if pressed to keep only one, he admits it's his 1960s Garrard 401 he'd be saddest to see go.

Gros plan sur la platine bois, l'ampli argenté et un buste vert
Bois, chrome et céramique. La platine et l'ampli, en gros planWood, chrome and ceramic. The turntable and amp, in close-up
Le jour, pas la nuitBy Day, Not by Night

Son appartement, et sa pièce de musique avec lui, ouvre sur plusieurs directions à la fois et déborde de lumière. Il ne pense jamais cet endroit comme un refuge nocturne, mais toujours en termes de lumière du jour. C'est donc le jour, dit-il, que la pièce est le plus elle-même, quand la frontière entre le dedans et le dehors semble la plus fine.

His apartment, and his music space with it, has plenty of windows facing different directions and plenty of light, so he always thinks of it in terms of daylight rather than as a nocturnal hideout. So he'd say it's most itself during the day, when the division between outside and inside seems lowest.

« Personne d'autre ne s'intéressera jamais
autant que vous à votre propre
capharnaüm sonore. »
"No one else will ever be as interested
in your own record listening
audio junkyard space as you are."
Ce que la pièce lui a apprisWhat the Room Taught Him

Demandez-lui ce que cette pièce lui a enseigné, et il ne parle ni de watts ni de pressages rares. Il parle de connaissance de soi. Construire un espace d'écoute véritablement agréable et tranquille exige, dit-il, de se connaître soi-même, d'accepter de multiplier les essais, dans le rangement des disques comme dans le montage des chaînes, un feng shui patient fait d'ajustements successifs. Et cela demande, surtout, d'accepter une vérité qu'on ne discute pas : personne d'autre ne s'intéressera jamais autant que vous à votre propre capharnaüm sonore. Ce n'est pas de la résignation. C'est, peut-être, la seule vraie condition du plaisir.

Ask what the room has taught him, and he doesn't talk about wattage or rare pressings. He talks about self-knowledge. Building a space that is truly enjoyable, a tranquil listening room, takes, he says, a fair amount of knowing yourself, a willingness to try out different combinations, in record organizing as much as in stereo set-up, a patient feng shui of successive adjustments. And it requires, above all, accepting one immutable fact: no one else will ever be as interested in your own record listening audio junkyard space as you are. It isn't resignation. It may be, in fact, the only real condition of pleasure.

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