Christo's room, in Berlin, was not built to look a certain way. It was built because a stable had stood empty and half-ruined for decades, and because a man who has lived with tinnitus for thirty years needed somewhere to go quiet.
La pièce de Christo, à Berlin, n'a pas été construite pour ressembler à quelque chose. Elle a été construite parce qu'une écurie était restée vide et à moitié en ruine pendant des décennies, et parce qu'un homme qui vit avec des acouphènes depuis trente ans avait besoin d'un endroit où trouver le silence.
The house is over a hundred and thirty years old. The room now holds Christo's system, but it did not start as a room at all. It was the stable, where a horse-drawn carriage and its horses were kept, and the coachman lived alongside them. After the war it became a garage, then a workshop, changing hands through a string of owners. By the time it reached Christo, the walls had holes in them, the windows had gone opaque, and a heavy wooden door was the only thing holding it together.
La maison a plus de cent trente ans. La pièce abrite aujourd'hui le système de Christo, mais elle n'a pas commencé comme une pièce. C'était l'écurie, où l'on gardait une calèche et ses chevaux, et où le cocher vivait à leurs côtés. Après la guerre, elle est devenue un garage, puis un atelier, changeant de mains au fil des propriétaires. Quand elle est arrivée jusqu'à Christo, les murs avaient des trous, les fenêtres étaient devenues opaques, et une lourde porte en bois était la seule chose qui tenait encore l'ensemble debout.
There was nothing to restore, in the strict sense. Christo started from the floor up: new flooring, repaired walls, new windows, a new door. What stands there now is closer to a second construction than a renovation, built on top of the outline the first one left behind.
Il n'y avait rien à restaurer, au sens strict. Christo est reparti du sol : nouveau plancher, murs repris, nouvelles fenêtres, nouvelle porte. Ce qui se tient là aujourd'hui tient moins de la rénovation que d'une seconde construction, bâtie sur le tracé que la première avait laissé.
The first record Christo played in the finished room was Peng!, the 1992 debut of the French-English band Stereolab. He calls the choice fitting rather than planned. The record arrived at the same moment the room did, and both marked a turn in how he listens to and collects music. A revelation, he calls it — the word carrying the weight of before and after.
Le premier disque que Christo a fait tourner dans la pièce achevée, c'est Peng!, le premier album du groupe franco-britannique Stereolab, sorti en 1992. Il décrit ce choix comme juste plutôt que planifié. Le disque est arrivé au même moment que la pièce, et les deux ont marqué un tournant dans sa manière d'écouter et de collectionner la musique. Une révélation, dit-il — le mot porte le poids d'un avant et d'un après.
Most evenings, Christo listens alone, with his dogs for company. The solitude is not incidental. He has lived with bilateral tinnitus for more than thirty years, a different sound in each ear. Listening to music in this room is the one part of his day when that noise recedes. Hard to explain to people who have not lived it, he says — for him it is not a luxury, it is essential.
La plupart des soirs, Christo écoute seul, avec ses chiens pour seule compagnie. Cette solitude n'a rien d'accessoire. Il vit avec des acouphènes bilatéraux depuis plus de trente ans, un son différent dans chaque oreille. Écouter de la musique dans cette pièce est le seul moment de sa journée où ce bruit s'efface. Difficile à expliquer à qui ne l'a pas vécu, dit-il — pour lui, ce n'est pas un luxe, c'est essentiel.
Together with my dogs.
The one moment of the day when I have
some peace and quiet."
Avec mes chiens.
Le seul moment de la journée où j'ai
un peu de paix et de calme. »
The room is not sealed off, though. Friends come by to listen to a genre together, or bring albums they want to hear on his system. His kids join him from time to time too, their taste running to Frank Ocean and Billie Eilish rather than the jazz and vintage pressings that fill his shelves. The room flexes to hold both, a solitary refuge most nights and a shared one on others.
La pièce n'est pas pour autant fermée sur elle-même. Des amis passent écouter un genre en particulier, ou apportent des albums qu'ils veulent entendre sur son système. Ses enfants le rejoignent aussi de temps en temps, avec un goût plutôt tourné vers Frank Ocean et Billie Eilish que vers le jazz et les pressages vintage qui remplissent ses étagères. La pièce s'adapte aux deux, refuge solitaire la plupart des soirs, partagé les autres.
Ask Christo what matters in the room beyond the sound, and he does not point to a speaker or a cartridge. He points to a daybed, a piece of 1960s mid-century furniture by Knoll, already well worn by the time it reached him. He was swaddled on it as an infant. As a young man, visiting his aunt, he slept on it more than once. When she died, the daybed came to him — a piece of furniture that has nothing to do with hi-fi and everything to do with why the room feels like his. He lies on it often. Very cozy, he says. Very comfortable.
Demandez à Christo ce qui compte dans la pièce en dehors du son, et il ne désigne ni une enceinte ni une cellule. Il désigne un daybed, un meuble mid-century des années 1960 signé Knoll, déjà bien usé quand il lui est parvenu. Il y a été emmailloté enfant. Jeune homme, en visite chez sa tante, il y a dormi plus d'une fois. À la mort de sa tante, le daybed lui est revenu — un meuble qui n'a rien à voir avec la hi-fi et tout à voir avec ce qui fait que la pièce est la sienne. Il s'y allonge souvent. Très douillet, dit-il. Très confortable.
Pressed to name the one object he could not bear to lose, Christo does not resolve the tension between sound and memory so much as name both. The daybed, obviously, is unimaginable to lose. But so is the Sony PS-X9, a rare turntable he describes as sounding excellent and behaving with total reliability. He listens on it most of the time. Without it, he says, something would be missing.
Sommé de nommer l'objet dont il ne pourrait pas se passer, Christo ne tranche pas vraiment entre le son et la mémoire, il nomme les deux. Le daybed, évidemment, est impensable à perdre. Mais le Sony PS-X9 aussi, une platine rare qu'il décrit comme sonnant très bien et se montrant d'une fiabilité totale. C'est celle sur laquelle il écoute le plus souvent. Sans elle, dit-il, quelque chose manquerait.
The room is most itself at night, Christo says, when it is quiet and dark outside, and it has gotten dark in the room too, the equipment taking center stage in the dim light. He calls it his man cave, with a slight self-deprecating edge, but it is also an honest account of when the room does its job best: after dark, distraction gone, everything reduced to what is on the turntable.
La pièce est le plus elle-même la nuit, dit Christo, quand c'est calme et sombre dehors, et que la pièce elle-même s'est assombrie, l'équipement prenant le devant de la scène dans la faible lumière. Il parle de son « man cave », avec une pointe d'autodérision, mais c'est aussi une description honnête du moment où la pièce remplit le mieux son rôle : une fois la nuit tombée, sans distraction, tout ramené à ce qui tourne sur la platine.
Asked what the room has taught him about himself, Christo looks backward — at the holes in the walls, the windows he could not see through, and at stretches of his own health that were not easy either. Seeing the room now, finished and lived in, he has come to a fairly simple conclusion. You can accomplish almost anything, he says, if you just want to.
Interrogé sur ce que la pièce lui a appris sur lui-même, Christo regarde en arrière — vers les trous dans les murs, les fenêtres qu'on ne pouvait pas voir au travers, et vers des périodes où sa propre santé n'était pas simple non plus. À voir la pièce aujourd'hui, terminée et habitée, il en tire une conclusion assez simple. On peut accomplir presque n'importe quoi, dit-il, si on le veut vraiment.
It is not a grand claim. It sits at the same volume as the rest of what he says about the room — quiet, considered, and entirely his own.
Ce n'est pas une déclaration grandiloquente. Elle se tient au même volume que le reste de ce qu'il dit de la pièce — calme, réfléchie, et entièrement sienne.